L’Association de “voyage à pieds” Colportage est installée depuis 2014 au 49 de la rue du Port. Son local est situé en hyper proximité de Notre-Dame-du-Port, inscrite à l’UNESCO au titre des Chemins de Saint-Jacques de Compostelle.

Si Colportage a été créé en 1992, l’histoire de sa genèse remonte un peu avant les années 1970.
En 1966-67, des actions informelles sont menées par un groupe qui, pour des raisons juridiques, crée Chamina en 1974, avec pour but le développement de la randonnée – d’abord en Auvergne puis dans le Massif Central.
Très vite, différents métiers (dont l’édition) ont été sollicités faisant grandir l’association.

Le tour-opérateur Chamina Voyage (société anonyme) qui promotionne le voyage à pieds (terme que Bernard Quinsat préfère à ceux de randonné ou pèlerinage), est donc né.
Chamina Éditions créait et publiait des ouvrages de qualité.

En 1992, l’association Colportage est montée.  C’est une structure autonome à l’intérieur de  Chamina.

Lorsque Chamina Voyage et Chamina Éditions “ont vécu leurs vies”, Bernard Quinsat a gardé Colportage dont il se servait peu auparavant.

L’homme, “pluriactif et pluri réactif”, qui a été entre autres kiné et bâtisseur, a imaginé mettre en place les Arts du Chemin.

Il définit la randonnée comme un “voyage à pieds” et regrette d’ailleurs que la notion de marche soit quelquefois vidée de sa substance, et perçue comme un simple loisir ou une méthode de bien-être. Pour lui, “marcher, c’est être en travail. La marche c’est être en reliance: relié à nous, relié à ce qui nous entoure…”
L’ennui qui surgit, cet espace nécessaire d’où il naîtra des choses, est un passage obligé.
Ce voyage à pieds est donc aussi l’apprentissage de “ne rien faire”, tout en quittant toute notion de divertissement.

L’association a ouvert deux chantiers, promouvoir Via Arverna© et l’édition. Elle a entre autres pour vocations de:
– baliser l’itinéraire Via Arverna©;
– trouver des gens qui accueillent les voyageurs à pieds (ou pèlerins);
– travailler sur la marche et l’écriture qui sont “consubstantielles”.

Via Arverna©, “un chemin vers Compostelle”, c’est 500 km et 20 étapes à travers l’Auvergne et le Quercy: Clermont-Ferrand, Issoire, Brioude, Murat, Aurillac, Rocamadour, Cahors, et sa variante cers Conques… L’itinéraire a été recréé il y a dix ans, sur la mémoire des traces lointaines et des nombreux pèlerins l’ayant autrefois emprunté, par Humbert Jacomet et Christophe Odoult.
Bernard Quinsat et son association ont entrepris une mise en lumière de ce chemin (“Voie du Milieu”), par la communication, l’édition, de la signalétique autocollante sur le parcours, l’accompagnement de randonneurs…

Colportage a organisé, le 25 juillet 2017, les Fêtes de Saint-Jacques dans le quartier du Port. La journée et les animations ont positivement marqué les esprits, à tel point que beaucoup d’habitants et de commerçants en parlent encore. Au programme notamment: musique (dont cornemuse), déambulations, buvette… et Olivier Robillard qui a également repeint des panneaux (auparavant mis par la ville) sur l’invitation de l’association.

Si l’administration a, pour des raisons de réglementation, refusé que le local de Colportage (qui a des étages) devienne un lieu d’hospitalité jacquaire, l’association fourmille de projets. La réédition d’un ouvrage sur le trajet Via Arverna© en est le premier exemple. Il serait une sorte de guide, “avec des codes un peu subversifs par rapport au publications habituelles du genre.”

Il existe quantité d’ouvrages, de pensées et de réflexions sur la marche.

Selon Bernard Quinsat, la marche nous relirait à la fois à nous-même, à l’enfant en nous, et à l’homo sapiens. “On est à la fois un marsupial et un enfant quand on marche; on est contenu dans un sac complexe et le tissu conjonctif vibre. La marche berce est c’est pourquoi elle est une consolation.”

“Être consolé dans cet être consolé”, va permettre de faire remonter une mémoire, cette mémoire du corps qui pense et qui parle car l’homme a expérimenté durant 250 000 ans le monde avec son corps, et ce corps enregistre. “La marche redonne la parole au chant du corps”, poursuit il, comme le Temps des Rêves de la mythologie aborigène, où leurs ancêtres les Géants parcoururent le monde et chantèrent la rivière, les rochers, les arbres… etc… ce qui fit naître le Monde.

La marche est “une chose basique”. Colportage y voit aussi un acte subversif, le témoignage d’un autre être au monde, un être pascalien qui ne cherche pas le divertissement. On ne marche jamais, avec la reliance, que dans le religieux – et peu importe la notion intime que chacun y met. Le voyage à pieds nourrit le commun, comme les Chemins de Saint-Jacques de Compostelle, puisqu’il met en devoir de restituer quelque chose.

À noter: Bernard Deubelbeiss, qui a illustré l’affiche des commerces de Publi-Port en 1987 (visible ici) a beaucoup travaillé pour Chamina, et œuvre encore régulièrement pour Colportage -souvent d’après les idées de Bernard Quinsat.
Son illustration publiée en fin d’article l’est avec les aimables autorisations de MM. Bernard Deubelbeiss et Bernard Quinsat, et nous les en remercions vivement.

Colportage
“Les Arts du Chemin”
Massif Central
Infos/ Réseau/ Activités/Assistance/Communauté
49 Rue du Port
63000 Clermont-Ferrand
Téléphone: 07 68 56 18 74
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